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Seulement 38 % des Belges veulent rouler électrique : ce que ça révèle vraiment sur nos habitudes

Malgré des années d'incentives, de discours politiques et d'un marché du leasing électrique qui explose, les Belges boudent toujours la voiture électrique pour leurs achats personnels. Le dernier baromètre d'Europ Assistance, publié en mars 2026, est sans appel : 62 % d'entre eux n'en veulent pas comme prochain véhicule. Mais derrière ce chiffre, il y a une histoire beaucoup plus nuancée.
22 avril 2026 par
Seulement 38 % des Belges veulent rouler électrique : ce que ça révèle vraiment sur nos habitudes
Garage Privé, Louis & Nathan du Garage Privé

Ce que dit vraiment l'étude Europ Assistance 2026

Europ Assistance interroge chaque année près de 1 500 Belges sur leurs habitudes de mobilité. L'édition 2026, réalisée en janvier, confirme une tendance qui s'installe depuis plusieurs éditions : la part des Belges prêts à passer au 100 % électrique n'augmente plus. Elle stagne, voire recule légèrement.

  • 38 % des Belges envisagent l'électrique comme prochain véhicule 
  • 62 % préfèrent rester sur du thermique ou de l'hybride
  • 77 % trouvent le prix d'achat trop élevé comme principal obstacle
  • 19 % seulement pensent que le 100 % électrique sera une réalité d'ici 2035

Ce qui est peut-être encore plus révélateur : 22 % des sondés estiment que la transition vers le tout-électrique ne se concrétisera jamais. Et parmi ceux qui s'y intéressent malgré tout, 71 % considèrent que les coûts d'installation d'une borne à domicile représentent une charge non négligeable, voire insurmontable pour 38 % d'entre eux.

La mobilité durable, dans l'ensemble, perd de l'attrait pour la cinquième année consécutive selon le baromètre. En 2019, 77 % des Belges déclaraient qu'il était important pour eux de se déplacer de manière écologique. En 2026, ce chiffre est tombé à 63 %. Ce n'est pas une baisse passagère : c'est une tendance structurelle.

Les vrais freins : pas ceux qu'on croit toujours

Quand on demande aux Belges pourquoi ils hésitent à passer à l'électrique, les réponses sont souvent les mêmes depuis des années. Mais quelque chose a changé en 2026 : certains freins que l'on pensait en recul sont en réalité en train de progresser.

Le prix, toujours en tête et qui résiste

77 % des sondés jugent la voiture électrique trop chère. Ce chiffre était de 62 % en 2019 et de 71 % il y a encore deux ans. Autrement dit, même avec la baisse des prix observée sur plusieurs modèles électriques, la perception de cherté ne recule pas , elle augmente. Cela s'explique en partie par le contexte général : l'inflation, la hausse du coût de la vie, et la suppression en 2024 des réductions fiscales sur les bornes de recharge domestiques ont renforcé le sentiment que l'électrique reste un luxe réservé à ceux qui ont les moyens.

Les bornes de recharge : une amélioration réelle, une perception qui tarde

Là, le paradoxe est frappant. La Belgique a franchi en août 2025 le cap des 100 000 points de charge accessibles au public, ce qui la place parmi les pays les plus denses d'Europe en termes d'infrastructure. Et pourtant, 41 % des sondés citent encore le manque de bornes comme frein principal, un chiffre en hausse de deux points par rapport à l'année précédente.

Comment expliquer ce décalage ? Les propriétaires de voitures électriques, eux, affichent 95 % de satisfaction concernant la disponibilité des bornes. Mais ceux qui n'en ont pas encore se fient à leur perception, à des anecdotes, ou à des expériences qui datent de quelques années. C'est un problème de communication, pas d'infrastructure.

💡 La Wallonie compte aujourd'hui 2 782 bornes publiques, soit 13,6 % du réseau belge total. En dehors des villes, l'anxiété de recharge reste une réalité concrète pour les conducteurs des zones rurales du Brabant Wallon même si elle est objectivement bien moindre qu'il y a trois ans.

La question de la batterie d'occasion : un frein massif et sous-estimé

Un chiffre qui mérite d'être souligné, parce qu'on en parle rarement : 71 % des Belges refusent d'acheter une voiture électrique d'occasion. La raison principale est la méfiance envers l'état des batteries. Et honnêtement, cette crainte n'est pas totalement irrationnelle. Sans diagnostic technique sérieux, acheter un électrique d'occasion c'est un peu acheter un smartphone sans connaître la santé de la batterie. Or la plupart des vendeurs particuliers ne proposent pas ce type d'expertise.

Le paradoxe belge : ceux qui l'ont adorent, les autres ne veulent pas en entendre parler

C'est sans doute l'enseignement le plus intéressant du baromètre. Il existe en Belgique un gouffre presque infranchissable entre deux groupes.

Ceux qui roulent déjà électrique

87 % se disent satisfaits ou très satisfaits de leur expérience de conduite.

87 % affirment que leur prochain véhicule sera lui aussi électrique.

70 % des conducteurs hybrides rechargeables veulent passer au 100 % électrique la prochaine fois.

Ceux qui n'ont jamais essayé

71 % des conducteurs thermiques restent réfractaires à s'électrifier.

Plus de la moitié des Belges n'ont jamais mis les pieds dans une voiture électrique.

Plus de la moitié trouvent les véhicules électriques trop méconnus pour se décider.

Ce clivage dit beaucoup de choses. Ce n'est pas l'expérience de l'électrique qui pose problème, c'est la peur de l'inconnu avant d'y avoir goûté. Une fois qu'on roule électrique, on ne revient généralement pas en arrière.

"Ce n'est pas la technologie électrique qui est en cause. Les propriétaires actuels sont massivement satisfaits. C'est la barrière à l'entrée financière, psychologique, pratique qui bloque les indécis." Synthèse des retours des conducteurs belges, baromètre Europ Assistance 2026

La fracture géographique : le Brabant Wallon dans la partie la plus réticente

Les données montrent une fracture géographique nette en Belgique. Les Wallons sont presque trois fois plus nombreux que les Flamands à citer le problème des bornes de recharge. 43 % des francophones indiquent que la borne la plus proche de chez eux se trouve à plus de 10 km contre 14 % en Flandre. Et les zones péri-urbaines et rurales, comme une bonne partie du Brabant Wallon, concentrent les automobilistes les plus attachés à la voiture thermique, souvent faute d'alternative crédible pour leur usage quotidien.

Ce n'est pas un jugement de valeur : c'est une réalité géographique. Faire 60 km par jour pour rejoindre Bruxelles depuis Wavre, Gembloux ou Rixensart, avec des enfants à emmener à l'école et des courses à faire le week-end, ne se gère pas de la même façon qu'un trajet quotidien en tram dans une grande ville.

Le fossé entre le marché des flottes et le marché des particuliers

Il y a une contradiction belge que beaucoup ont du mal à réconcilier. D'un côté, la Belgique est dans le top 3 européen des pays les plus électrifiés, et en 2025, une voiture neuve sur trois vendue est électrique. De l'autre, les particuliers restent massivement réticents.

Comment expliquer cette divergence ? La réponse tient en un mot : fiscalité. Les voitures de société électriques sont déductibles à 100 % jusqu'à fin 2026, et leur avantage de toute nature reste bien inférieur à celui d'un équivalent thermique. Ce sont donc les entreprises, les indépendants et les bénéficiaires de leasing qui tirent le marché électrique vers le haut mais pas les particuliers qui achètent sur leur propre budget.

ProfilRéalité de l'achat électrique
Voiture de société / leasing professionnelDéductible à 100 % jusqu'à fin 2026, ATN réduit : l'électrique est souvent moins cher que le thermique au total
Particulier avec parking privéBorne à domicile possible (~1 400 €), recharge nocturne à 0,20–0,30 €/kWh : économique sur la durée si le budget d'achat le permet
Particulier en appartement ou sans parkingDépendance aux bornes publiques (0,45–0,59 €/kWh), logistique complexe : frein majeur qui n'est pas près d'être levé
Grand rouleur Brabant Wallon / WallonieInfrastructure encore insuffisante en dehors des axes principaux, anxiété de recharge sur longs trajets

Pour un particulier qui n'a pas de fiscalité avantageuse, pas de parking privé et qui roule dans des zones moins desservies, l'électrique est objectivement moins intéressant aujourd'hui qu'une bonne voiture hybride ou un essence récent. Ce n'est pas de la résistance au changement, c'est du calcul.

Alors, électrique ou pas pour votre prochain achat ?

C'est la question que nos clients chez Le Garage Privé nous posent de plus en plus souvent. Et notre réponse est toujours la même : ça dépend entièrement de votre situation personnelle, pas des statistiques ou des discours politiques.

Si vous avez un parking ou un garage, que vous faites moins de 300 km par trajet, que votre budget dépasse les 25 000 €, et que vos trajets quotidiens sont réguliers et prévisibles alors l'électrique mérite vraiment d'être envisagé. Le coût kilométrique est inférieur, l'entretien est réduit, et la conduite est souvent une vraie révélation pour ceux qui n'ont jamais essayé.

En revanche, si vous habitez dans une zone rurale du Brabant Wallon, que vous faites régulièrement des longs trajets improvisés, que vous vivez en appartement, ou que votre budget est serré alors un hybride bien choisi ou un essence récent reste souvent le meilleur compromis pour les deux ou trois prochaines années. Ce n'est pas un aveu d'échec : c'est pragmatisme.

⚠️ L'erreur à éviter : ne pas anticiper les zones à faibles émissions (LEZ) belges. En 2026, les diesels Euro 5 sont interdits à Bruxelles. D'autres villes vont suivre. Si vous envisagez d'acheter une voiture d'occasion aujourd'hui pour la garder 5 à 7 ans, la compatibilité LEZ doit faire partie de votre calcul qu'elle soit électrique, hybride ou essence.

FAQ


Les incitations fiscales existent surtout pour les professionnels et les voitures de société,  pas pour les particuliers. Pour un ménage qui achète sur son propre budget, le prix d'achat reste souvent rédhibitoire (77 % le citent comme frein), et les aides directes à l'achat pour les particuliers sont très limitées. S'y ajoutent des craintes concrètes sur les bornes en dehors des zones urbaines et sur les batteries des véhicules d'occasion.

Il n'y a pas de réponse universelle. Pour un particulier avec un parking, des trajets courts et réguliers, et un budget suffisant, l'électrique peut être le meilleur choix sur la durée. Pour quelqu'un qui fait de longs trajets imprévisibles, vit en appartement, ou habite dans une zone rurale peu desservie, un hybride ou un essence récent est souvent plus adapté aujourd'hui. Ce qui compte, c'est votre usage réel et pas les tendances du marché.

En partie, oui. Une batterie dégradée peut significativement réduire l'autonomie réelle par rapport aux chiffres annoncés, et le remplacement d'une batterie est coûteux. Mais le risque est maîtrisable : un diagnostic de l'état de santé de la batterie (SoH) réalisé par un professionnel avant l'achat permet de quantifier précisément la dégradation et d'ajuster le prix en conséquence. C'est ce que fait Le Garage Privé dans le cadre de son inspection pour tout électrique d'occasion.

Souvent, oui. Un hybride non rechargeable (comme la Toyota Yaris ou la Corolla) consomme 30 à 40 % de moins qu'un équivalent essence en usage urbain, ne nécessite pas de borne, et s'entretient presque comme un thermique. L'hybride rechargeable est intéressant si vous faites moins de 50 km par jour et que vous pouvez recharger chez vous mais son avantage fiscal pour les sociétés disparaît progressivement. Pour un usage particulier mixte en Brabant Wallon, c'est souvent le meilleur compromis actuel.



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