Introduction
Deux fois par an, au printemps et à l'automne, la police fédérale de la route et les polices locales belges s'associent pour une grande opération de contrôle de vitesse coordonnée à l'échelle européenne. Ce mercredi 15 avril 2026, c'est la 24e édition de ce marathon et la première de l'année.
Le principe est simple : pendant exactement 24 heures, de 6h ce mercredi à 6h jeudi matin, les contrôles sont démultipliés sur tous les types de routes. Autoroutes, nationales, routes secondaires, et cette année tout particulièrement les zones limitées à 30 km/h. L'opération se tient simultanément dans 20 autres pays européens.
658 points de contrôle déployés sur tout le territoire
658 endroits en Belgique seront surveillés durant cette opération. C'est un chiffre important, qui couvre aussi bien les grands axes que les artères secondaires. Les radars fixes habituels seront évidemment actifs, mais la police déploie aussi des radars mobiles et des équipes sur le terrain pour des contrôles visuels directs. Autrement dit, même les routes sans radar fixe installé ne sont pas épargnées.
Le marathon n'est pas une surprise : la police communique à l'avance pour que les conducteurs ajustent leur comportement. C'est d'ailleurs l'objectif affiché. "L'objectif de cette action n'est pas seulement de sanctionner les comportements dangereux, mais avant tout de sensibiliser les conducteurs aux dangers de la vitesse excessive", rappelle la police fédérale. Lever le pied ce mercredi, c'est bien. Lever le pied tous les autres jours aussi, c'est encore mieux et c'est le message que les autorités cherchent à faire passer.
Focus sur les zones 30 cette année
Pour cette édition de printemps 2026, la police a choisi de mettre l'accent sur les zones limitées à 30 km/h. La raison est documentée : ce sont dans ces zones, fréquentées par les piétons et les cyclistes, que les excès de vitesse ont les conséquences les plus graves. Un piéton percuté à 50 km/h a très peu de chances de s'en sortir. À 30 km/h, les chances de survie sont bien meilleures.
Selon l'Institut Vias, quatre Belges sur dix dépassent régulièrement les limitations de vitesse. Et au cours des 12 derniers mois, 24 % des conducteurs belges ont reçu au moins une amende pour excès de vitesse. Ces chiffres expliquent pourquoi l'opération est reconduite deux fois par an.
⚠️ Attention aux zones 30 devant les écoles : un excès de vitesse dans une zone 30, aux abords d'une école ou dans une zone résidentielle est traité bien plus sévèrement qu'un dépassement sur route ordinaire. Le seuil de citation devant le tribunal de police est de seulement 30 km/h de dépassement — soit rouler à 60 km/h dans une zone 30.
Les résultats des dernières éditions
- 1 145 927 véhicules contrôlés lors du marathon de novembre 2025
- 47 447 conducteurs en excès de vitesse (4,14 % des contrôlés)
- 102 permis retirés immédiatement lors du marathon de novembre 2025
Pour comparer : lors du marathon d'avril 2025, c'était 3,99 % des 1,3 million de véhicules contrôlés qui roulaient trop vite. Le taux avait donc légèrement augmenté à la rentrée d'automne. Ce qu'on peut retenir de ces chiffres, c'est que même avec une communication préalable sur l'opération, des dizaines de milliers de conducteurs se font quand même flasher. Les radars automatiques représentent la majorité des constats, et eux ne préviennent pas.
Ce que vous risquez si vous êtes flashé
Le barème belge des amendes pour excès de vitesse dépend du lieu de l'infraction et du dépassement constaté. Voici les principaux cas de figure, appliqués après la correction technique de 6 km/h en faveur du conducteur.
| Zone et dépassement | Sanction |
|---|---|
| Zone 30, agglomération, abords d'école : 1 à 10 km/h de trop | 53 € |
| Zone 30 ou agglomération : 11 à 30 km/h de trop | 53 € + 11 € par km/h au-delà de 10 |
| Zone 30 ou agglomération : plus de 30 km/h de trop | Citation devant le tribunal, retrait de permis possible, amende jusqu'à 4 000 € |
| Hors agglomération : 1 à 10 km/h de trop | 53 € |
| Hors agglomération : 11 à 40 km/h de trop | 53 € + 6 € par km/h au-delà de 10 |
| Hors agglomération : plus de 40 km/h de trop | Citation devant le tribunal, retrait de permis, amende jusqu'à 4 000 € |
Quelques exemples concrets pour comprendre la logique : si vous roulez à 63 km/h dans une zone 50 (excès corrigé de 7 km/h), vous en êtes quitte pour 53 €. Si vous roulez à 72 km/h dans cette même zone (excès corrigé de 16 km/h), l'amende monte à 53 + (6 x 6) = 89 €. Et si vous roulez à 45 km/h dans une zone 30 (excès corrigé de 9 km/h), vous payez 53 €. Mais à 65 km/h dans une zone 30 (excès de 29 km/h), la note dépasse les 200 € et frôle le seuil de citation au tribunal.
💡 La correction technique : en Belgique, les radars appliquent une marge de 6 km/h pour les vitesses inférieures à 100 km/h, et de 6 % au-delà. Ce n'est pas une tolérance officielle, c'est une correction technique. Dès que la vitesse corrigée dépasse la limite, vous êtes en infraction et susceptible d'être sanctionné.
Les jeunes conducteurs, une catégorie particulièrement exposée
Si vous êtes titulaire de votre permis de conduire depuis moins de deux ans, les seuils de citation devant le tribunal sont plus bas. En agglomération ou zone 30, une citation peut être déclenchée dès 20 km/h de dépassement soit rouler à 70 km/h dans une zone 50. Hors agglomération, le seuil est de 30 km/h. Ce n'est pas anodin : dans ces cas, un retrait immédiat du permis sur place est possible.
Et en dehors du marathon, la Wallonie continue de densifier ses radars
Ce mercredi n'est pas une exception. En Wallonie, un plan ambitieux a été lancé pour déployer 150 nouveaux radars en 2026, avec une procédure permettant aux communes de collecter elles-mêmes les données sur les zones dangereuses pour identifier les emplacements prioritaires. La désignation finale des emplacements est prévue en avril 2026, justement. Les radars tronçons, qui mesurent la vitesse moyenne sur une portion de route, se multiplient aussi. Et les limitations dynamiques dans les zones de travaux sont à l'étude pour être homologuées d'ici la mi-2026.
Autrement dit : le marathon de ce mercredi est un pic d'intensité dans une surveillance qui ne fait que se renforcer tout au long de l'année.
FAQ
Les deux, selon la police. L'annonce préalable fait partie de la stratégie de sensibilisation : si les conducteurs ralentissent ce mercredi par crainte des contrôles, l'objectif de sécurité est partiellement atteint. Mais les radars automatiques et les équipes mobiles fonctionnent en continu pendant les 24 heures, quelle que soit la communication. Dans les éditions précédentes, 4 à 6 % des conducteurs contrôlés roulaient quand même trop vite, preuve que l'annonce ne suffit pas à tout changer.
Oui. En cas de dépassement très important ou si vous êtes un conducteur en période probatoire (moins de deux ans de permis), les agents peuvent retirer le permis immédiatement sur place. Dans les éditions récentes du marathon, entre 56 et 145 permis ont été retirés en 24 heures. Ce retrait immédiat peut durer jusqu'à 15 jours, indépendamment des suites judiciaires.
Pour les radars fixes permanents, oui. Pour les équipes mobiles et les radars temporairement déployés pendant le marathon, c'est beaucoup moins fiable. Les signalements communautaires sur Waze peuvent exister, mais avec 658 points de contrôle répartis sur tout le pays, la couverture n'est pas garantie. La seule stratégie vraiment efficace reste de respecter les limitations.